samedi 22 décembre 2012

Je commence à me comprendre, à savoir comment je fonctionne.
Je garde en moi, longtemps... pour une raison toute simple : souvent pour ne pas craquer, pour ne pas laisser paraître la faille qui me ferait pleurer. Je peux ensuite parler plus facilement après...une fois les évènements passés, à froid comme on dit. Je ne veux pas pleurer, je ne veux pas craquer, je ne veux pas ressembler à ma mère dans ces grandes phases de déprime, alors je prends le contre pied...Est-ce mieux ? je ne sais pas. c'est ainsi en tout cas.

Ma mère est hospitalisée en clinique depuis lundi dernier. Je ne suis pas triste, ni malheureuse. Peinée et ennuyée qu'elle ne soit pas là pour les fêtes de Noël, mais soulagée, je n'ai pas honte de le dire. Pas soulagée par son absence, non, soulagée qu'elle soit enfin prise en charge par le corps médical même si cela m'oblige à faire des aller-retours pour aller la voir. Je n'y arrivais plus...je ne pouvais plus assumer ce mal être.
Le psy parle de troubles bipolaires et tente un traitement via des thymo régulateurs. La clinique est neuve...pas très gaie, comme toute structure hospitalière, mais bon.
J'attends et j'espère que cela ira de mieux en mieux. Je vais passer la voir cet après-midi.

Il pleut dehors, le ciel est gris, il fait moche, mais je souris :)

mardi 11 décembre 2012

J'allais écrire " le retour ", mais ce serait faux. Comme je le disais plus bas, on continue, on recommence.
Ma mère ne va toujours pas mieux. une hospitalisation est envisagée, mais il n'y a pas de places, semble t-il ? Alors qu'est-ce qu'on attend ? Que ce soit pire ?

Allez faut que je résiste. Je ne vais déprimer moi non plus, où irait le monde ? ( A dire vrai, c'est une de mes pires angoisses...devenir comme elle...c'est vraiment très moche à dire, à écrire et à lire, mais c'est ainsi, sans méchanceté).

mercredi 31 octobre 2012

famille ou famille

Je n'ai pas une famille qui rentre tip top dans le cadre de la famille "modèle". La famille de mon côté, est faite de tromperie, de mariages, de divorces... et j'en passe. Du côté de mon mari, c'est plutôt l'inverse. Un bel équilibre, une belle harmonie, une vie de couple qui a duré jusqu'à ce que la vie ou plutôt la mort en décide autrement.

Demain ma fille fêtera ses 10 ans, sans son grand père paternel malheureusement décédé, sans sa grand-mère maternelle en plein dépression et sans son grand-père maternel parti se reposer quelques jours dans le sud.
Ouais... en fait il n'y aura demain autour de la table que la famille du côté de mon mari, et quelques amis.

Constat morose. Pas pour fillette, qui sera amplement gâtée... peut-être plus pour moi.

Mais bon, tant mieux, on aura plus de raclette (menu choisi par fillette...mais qui m'arrange bien) et plus de dessert ( fondue au chocolat) !


lundi 29 octobre 2012

Rien ne change.
C'est un continuel recommencement. On tourne en rond. On monte et on redescend.
Que faire ? Je me sens impuissante, sans solution sur le long terme.
Tout a déjà été dit, je crois. Libérer la parole n'a pas suffit. Alors que faudrait-il de plus ?
Elle veut dormir, dormir. Moi je voudrais qu'elle bouge, qu'elle sorte. Elle n'a pas plus cette force aujourd'hui. Elle reviendra, je le sais, mais en attendant... Je ne suis pas psy, je ne suis pas médecin.
Je peux écouter, ce que j'ai toujours fait, mais je ne peux pas redonner l'envie. C'est ni plus ni moins qu'une putain de maladie qui n'est pas toujours reconnue comme tel.
On peut avoir un cancer, on peut avoir une grippe, mais être dépressif, ça tombe pour beaucoup dans le domaine de l’incompréhensible : "Mais pourquoi elle se bouge pas un peu ? Elle a tout pour être heureuse ! "
J'en ai marre de lutter contre des moulins à vent. Marre de savoir que les périodes de "bien" sont toujours suivies de "pire". Marre de savoir que ce sera toujours ainsi.
Je ne connais que tout l'un ou tout l'autre : l'état où tout est possible, où elle est excitée comme une puce, parfois à la limite du supportable, avouons-le pour l'entourage, et l'état où se lever devient une épreuve de force et la journée se passe à compter les heures qui passent.
Je crois que je vais arrêter là ce message pour aujourd'hui. Je devrais aller hurler un bon coup pour me soulager... tout plein de gros mots, tiens !

dimanche 28 octobre 2012

Je viens de raccrocher le téléphone.
Rien qu'à entendre la voix, je savais qu'elle n'allait pas bien.
La déprime est à nouveau là.
Je ne sais plus quoi faire, je ne sais pas quoi faire...
Cela fait tant d'années que cela dure. Mais rien n'y fait, on ne s'habitue pas à ses hauts et ses bas.
J'aimerais tellement qu'elle trouve un équilibre, qu'elle soit sereine et heureuse.
Si j'avais la solution... je me sentirais moins triste ce soir.


dimanche 21 octobre 2012

Le temps passe. La nécessité d'écrire n'est pas là. Mes blogs sont un peu à l'abandon.

Si je devais parler de moi aujourd'hui que dirais-je ? Que j'approche des 39 ans doucement mais sûrement. Que cette perspective ne m'effraie pas, mais que je pense néanmoins à la quarantaine toute proche.
Je me sens bien dans cette fin de trentaine. Bien dans mes baskets, bien dans mon corps. J'apprécie de pouvoir me glisser dans une petite robe noire, sans avoir trop de complexes. J'apprécie de me sentir bien.
Le temps file malgré tout, alors l'envie de plaire est là, l'envie de faire des efforts pour ne pas voir arriver trop vite les méfaits de l'âge. Et si le meilleur dans ma vie de femme restait à venir...


vendredi 8 juin 2012

Histoire d'enfants

C'est une histoire d'enfants qui grandissent.
Une histoire bien banale : celle de la vie.

Un jour ils sont au CM2, l'année suivante ils sont au collège.
C'est l'âge bête, inutile de le nier.
Mais c'est aussi l'âge où le corps commence à changer.
J'avais déjà remarqué quelques amorces de la puberté chez mon fils l'été dernier. Cela se poursuit.
Il était horrifié, il y a peu, par l'arrivée d'un bouton disgracieux. Et oui, l'adolescence, n'est pas le plus bel âge. Les boutons arrivent et en plus on s'en préoccupe.
En un an, les cheveux ont poussé, la taille a augmenté considérablement et la sensation d'être un grand aussi...même si ce n'est pas encore tout à fait le cas.

Ma fille, elle, du haut de ses " pas encore 10 ans" rêve de voir ses seins pousser. Et pour le moment, ce n'est pas encore le cas. Ouf...un peu de répit quand même.
Du coup, comme d'autres, l'ont fait au même âge, elle glisse sous son haut, des petites balles pour faire comme si. ça m'amuse. ça amuse moins le papa qui n'est pas encore prêt.
Dimanche dernier, je demandais sur le ton de la boutade, si elle avait vu Alerte à Malibu ( bien qu'elle ne connaisse pas), tant elle exhibait sa fausse poitrine. Je cherchais sa source d'inspiration. Ben non, m'a t-elle répondu. c'est pour être comme toi. J'étais plutôt flattée d'être ainsi citée, même si ma poitrine est loin d'être aussi opulente que celle de la fameuse blonde pulpeuse ( je joue même dans la cour des petits par rapport à cette demoiselle en maillot rouge). Mais bon, je l'ai pris comme un compliment et je dis merci aux soutifs qui regonflent un peu tout cela.
Et je me dis aussi, que bientôt viendra l'heure du premier soutien gorge pour ma fille, des premières culottes sur lesquelles on n'aura plus les personnages stars de l'enfance...et je ne veux même pas imaginer plus loin. Chaque chose en son temps et pas trop vite de préférence que j'ai le temps de m'y faire.


mercredi 6 juin 2012

histoire de repas

A dîner le week-end dernier, le parrain de Clément et son amie.

Repas tranquille, entre amis.
Les couples sont assis l'un à côté de l'autre, les femmes se font face, les hommes aussi.
Deux conversations s'installent, en même temps.
Mon cher discute avec madame. Ils parlent boulot et nouvelle entreprise.
La discussion s'installe entre le parrain et moi.
Il me parle boulot, il me parle de mon père en des termes élogieux, il me parle de cette proposition de travail dans l'entreprise paternelle qu'il avait refusée il y a bien une bonne dizaine d'années de cela. Il se demande si c'était le bon choix. Il m'en parle et je sens que cela l'a marqué. De mon côté, je me souviens effectivement que mon père lui avait proposé du boulot dans son entreprise, je me souviens que Christophe n'avait pas donné suite, mais je n'avais pas attaché plus d'importance que cela à cette entrevue professionnelle. Mon père ne m'en avait jamais reparlé. J'ai pris conscience que ce sujet devait "tracasser" Christophe depuis un bon moment. Des questions sur "ai-je bien fait de refuser d'un point de professionnel ? " mais aussi "ai-je bien fait de refuser sur un point de vue personnel ? ".
Il m'est difficile de dire si l'opportunité professionnelle était belle, si elle aurait mené à "une belle carrière". D'un point de vue personnel, je pense que refuser était un bon choix. Je connais mon père, il n'est pas toujours diplomate, il dirige beaucoup et encore plus ses employés. Il est certain que travailler avec lui, aurait pu avoir une incidence sur mes relations amicales avec Christophe.
Christophe, c'est l'ami de mon mari, c'est le parrain de mon fils.
On a failli se perdre de vue, mais il a su au bon moment revenir vers nous.
Je le connais depuis que je connais mon mari, soit 18 ans. Je crois le connaître un peu mieux depuis quelques années. Ce n'est pas simple de connaître les amis de son mari. Je reste la femme de..., eux les amis de...
Et puis parfois sans que les choses établies changent : la femme de l'ami  restera toujours la femme de l'ami, l'ami du mari restera l'ami du mari, on sait que, sur cet ami on peut compter. Je le lui ai déjà dit, par mail, lorsque mon cher était hospitalisé. Peut-être l'a-t-il oublié ? Je ne crois pas.

Il y eut donc au cours de ce repas, une parenthèse, des conversations croisées qui se sont arrêtées en même temps. Peut-être que la fin de l'une, a signé la fin de l'autre.


lundi 4 juin 2012

Histoire de mère

Hier, inutile de vous le rappeler, c'était la fête des mères.
J'avais invité la mienne à partager notre repas du midi. Un peu avec appréhension, car, elle est dans sa phase déprime où rien ne va, où elle n'arrive pas à se motiver pour bouger.
Elle est venue. C'est déjà cela. Et le repas s'est bien passé.

Depuis des années, je vois ma mère osciller entre phase surexcitée et phase déprimée.
Je me souviens de ces périodes, lorsque j'étais ado et que je vivais encore chez mes parents. Je revois ses larmes...beaucoup. Je ne me souviens pas, par contre, de phases où elle était tout feu tout flamme. J'ai l'impression que c'était moins marqué à cette époque.
Je me souviens d'aller-retour le mercredi avec fiston à peine âgé de 2 ans,dans une maison de repos perdue dans le 77. Je sais ce qui a provoqué le geste qui l'a conduite dans cet établissement. Je sais beaucoup de choses. Les secrets de famille ne font pas partie de la mienne à priori.
Après leur divorce, ma mère a une une longue période où tout allait bien, où elle croyait que tout irait pour le mieux : trouver du boulot, trouver un nouvel amour...
Là elle déchante. Tout n'est pas si simple. Ni trouver du boulot après un certain âge, ni trouver l'amour au coin du chemin. Certains hommes rencontrés semblent plus intéressée par une relation brève que par un lien sérieux.
Depuis plusieurs semaines, elle n'arrive pas à se motiver. Les médicaments varient, les dosages fluctuent.
L'année dernière, je travaillais dans la ville où elle habite. Je pouvais facilement aller manger chez elle le midi. Cette année, avec ma mutation, c'est plus compliqué.
Elle va partir pour quelques jours dans le sud, voir ma soeur et ma grand-mère. Cela fait plusieurs semaines que je la poussais à le faire. Elle s'est enfin décidée. Je ne sais pas si cela sera mieux, mais je me dis que le changement d'air lui fera peut-être du bien. On verra bien.


mercredi 30 mai 2012

Histoires d'anniversaires.

Demain, mon homme prendra une année de plus, avec aucune envie de fêter l’évènement.
Puis viendra le tour de fiston qui soufflera ses 12 bougies. Lui attend ce moment avec impatience ( pas pour les bougies d'ailleurs).
Juin se poursuivra avec la fête des pères qui sera chargée par l'absence, et finira avec la date attendue depuis des mois : la date anniversaire de la disparition de Michel.
On l'attend, on la redoute. On l'attend parce que l'on s'imagine que tout sera plus simple après. Qu'il n'y aura plus de première fois sans : plus de premier Noël sans lui... J'ai peur que ce ne soit qu'illusion. Que cette date attendue et redoutée n'apporte pas la sérénité. Je vois encore ma belle-maman pleurer trop souvent. Je vois encore mon mari se fermer dans sa bulle.
Je crains cette date. Je crains l'après... je crains que rien ne soit plus jamais comme avant. Et pourtant, justement, il faut aller de l'avant, il faut continuer de vivre et d'être heureux parce que c'est le plus beau pied de nez que l'on peut faire à la mort et que de là où il est, je suis persuadé que Michel serait bien malheureux de nous voir tristes.
C'est la première fois que je pense à laisser une lettre au cas où il m'arriverait quelque chose. J'y pense vraiment sérieusement. Ce n'est pas que je pense à ma mort constamment. Loin de là...
Mais si, si quelque chose devait se produire... il faudrait que j'écrive tout ce que j'ai à dire. Je ne supporterai pas que ma disparition entraîne des larmes et laisse des gens malheureux. Je vois mon mari se remettre péniblement du décès de son père... que se passerait-il si il devait m'arriver malheur ? Moi, je voudrais qu'il lutte, qu'il retrouve le sourire, qu'il vive heureux longtemps sans moi. Pour lui, pour mes enfants, pour ceux qui restent... Il faut que j'écrive cette lettre.


mardi 22 mai 2012

Ne pas fausser la réalité

Voilà donc rassemblées ici, quelques une des notes que je ne trouvais pas "utile" que mes enfants lisent.
En les regardant de plus prêt, forcément,  je constate qu'elles concernent les moments difficiles de ma vie.

Il ne va pas  falloir que je transforme ce blog en mur des lamentations :) Il ne faut pas qu'il soit le reflet uniquement de ce qui va mal.
Ces notes écrites, noyées dans la multitudes des autres, donnaient une bonne image de ma vie. Une vie heureuse, malgré les incontournables coups durs.
Les rassembler ici, isolées des autres, leur donne un autre aspect. Alors il me paraît important de souligner que ma vie fort heureusement ne se résume pas à ces moments évoqués. Ils nous façonnent d'une certaine manière, mais ils ne nous résument pas. Et c'est une bonne chose.