J'ai l'impression de toujours parler des mêmes choses.
Si cela continue ce blog n'aura vocation qu'à parler de ma mère.
Il faut dire que c'est le sujet qui tourne le plus en boucle dans ma tête en ce moment.
Je m'interroge... est-ce moi qui voit d'autres symptômes apparaître ?
Depuis qu'elle est sortie des urgences suite à sa prise excessive de médicaments (notez, le détournement pour ne pas appeler un chat, un chat...) elle est dans un service de l’hôpital en attendant, demain, j'espère qu'une place soit disponible en clinique.
Vendredi a été pour moi une journée éprouvante...peut-être même plus que la veille.
Dois-je raconter les faits dans l'ordre ?
Allons- y.
Jeudi, à l'heure de la récré soit vers 10 h 30, la voisine de ma maman a appelé. Elle s'inquiétait car elle avait essayé de la joindre plusieurs fois, sans réponse.
J'ai essayé de mon côté... rien ni chez elle, ni sur son portable.
J'ai rappelé sa voisine et je lui ai dit que je réessayerai vers midi, car ma maman va souvent chez le coiffeur le jeudi et que je ne voulais pas rentrer non plus dans le cercle vicieux de la psychose dès qu'elle ne répond pas.
Donc vers midi, même démarche... coup de fil... toujours rien. J'ai demandé à la voisine de ma maman qui a les clés d'aller voir chez. Elle m'a rappelée en me disant qu'elle ne pouvait pas ouvrir la porte car les clés étaient à l'intérieur sur la serrure. Là pas besoin d'un dessin pour comprendre qu'elle était bel et bien chez elle. j'ai donc appelé le samu...de l'Oise puisque c'est là que je travaille, qui m'a mise en relation avec celui du 93... le temps d'expliquer, ils ont envoyé les pompiers.
J'ai pris ma voiture pour parcourir les quelques 30 kms qui me séparent de son lieu d'habitation.
Lorsque je suis arrivée, les pompiers l'avaient déjà emmené aux urgences. j'ai juste su par la voisine, que ma mère était consciente.
Arrivée aux urgences, j'ai attendu, attendu, attendu, attendu... 4 heures, avant que je puisse la voir et voir un médecin. Elle était dans les brumes profondes. Elle m'a juste dit qu'elle avait pris des somnifères. Je l'ai laissée aux mains des urgentistes, qui ne savaient même pas si elle aurait une chambre pour la nuit et je suis revenue le lendemain vers 11 heures.
La journée de vendredi a été pour moi encore plus dure que celle de la veille. je savais que ma mère ne voudrait pas se faire hospitaliser, qu'elle refuserait et qu'il ne fallait surtout pas qu'elle sorte.
Je me suis blindée pour ne pas éclater en sanglots fasse à ce petit bout de femme qui me suppliait en boucle ( le terme est strictement vrai ) de ne pas la laisser là, de ne pas la faire hospitaliser, que non, ce n'était pas possible, qu'elle était désolée, mais qu'il ne fallait pas laisser là, qu'elle ne sortirait jamais sinon, qu'elle n'irait jamais mieux. J'ai tenu, j'ai puissé dans mes forces pour lui dire que soit elle acceptait de rester de son plein gré quelques jours à l’hôpital le temps qu'on lui trouve une place en clinique soit je signais une décharge autorisant le médecin à l'hospitaliser immédiatement en psychiatrie. J'ai encore ses mots dans la tête, je vois encore son regard. je l’entends me dire : " Pourquoi es-tu si dure, pourquoi es-tu si dure ? ", 'Tu veux te débarrasser de moi . "
Et pendant ce temps là ma soeur à qui je venais de faire part de mes angoisses via texto me répondait gentiment : "Courage il faut pas lui laisser le choix". Ben oui, c'est si facile à écrire. Ah, c'est beau à 800 kms de balancer cela alors que la dernière fois qu'elle a appelé ma mère c'était il y a trois semaines alors que je lui signifiais qu'il faudrait peut-être qu'elle parle à sa mère avant que l'irréparable ne se produise. C'est un autre débat, un autre problème à régler...
Bref... journée difficile. Le psy a fini par hausser le ton et l'emmener de façon autoritaire vers une structure de l’hôpital qui s'appelle : cellule de crise et d'accueil. Joli nom. Normalement demain nous devrions en savoir plus sur une future clinique.
Donc samedi et aujourd'hui, je suis allée la voir pour lui apporter les affaires dont elle aurait besoin en clinique.
Je suis rentrée depuis deux petites heures et je vide mon sac.
Elle est en boucle sur certains sujets... je ne sais pas si c'st effet des médicaments qu'ils lui donnent ou un nouveau symptôms, mais j'avais déjà remarqué ces angoisses qui revenaient.
Elle est persuadée qu'elle ne sortira plus jamais de là, que les médecins lui donnent trop de cachets... C'est juste flippant de la voir rentrer dans ces phases d'angoisse. Elle s'assoit, se relève une seconde après, fait quelques pas, se rassoit, se relève... elle psychote vraiment. ça frise la parano... j'essaie de la rassurer mais mes mots ne l'atteignent pas. Pire, c'est moi qui commence à angoisser...
Je n'ai plus ma mère de 63 ans en face de moi, j'ai une gamine qui a peur de tout.