samedi 7 décembre 2013

Jeudi, j'écrivais dans mon cahier que mon passage aux quarante ans c'était bien passé. Je ne sais plus si j'ai eu la naïveté d'écrire que cela allait mieux dans ma petite vie. J'en doute.
J’ai pris à nouveau un gros coup dans la tronche jeudi après-midi en allant voir ma mère.
Je finis pas penser que l'on n'avancera jamais plus. Que tout ne sera que douleur. On en est au même point qu'il y a quelques mois. Toujours cette envie de ne plus être. Elle m'a dit qu'elle était déjà morte à l'intérieur.
Ma mère n'est plus qu'une coquille vide en fait; Et je ne sais pas comment la remplir. Que dire ? Que faire ? Y a- t-il même une solution à ma portée ?
J'ai senti les larmes montées au fur et à mesure que la soirée avançait. Je savais que je ne pourrais pas les retenir plus longtemps. Je me suis donc résolue à remettre mon compteur de larmes à zéro. Evacuation directe. 
Pleurer ne me gêne pas tant que j'arrive à contrôler la venue de ces fichues larmes. C'est mon mari qui est à plaindre... je finis souvent en larmes dans ses bras. Drôle de femme qu'il a en ce moment.
Je n'en menais pas large non plus vendredi matin en arrivant à l'école... je les sentais à nouveau proche ces fameux débordements lacrymaux, mais travail et élèves aidant, j'ai mené mon petit bout de chemin sans avoir davantage les yeux rouges. 
Aujourd'hui s'écoule tranquillement tant que je ne décroche pas le téléphone pour l'appeler. Mais je le ferai... 
Je lui ai suggéré d'écrire, de se raconter. Moi, je sais que cela me fait du bien.*je suis partie avec ce sentiment étrange qu'à travers ces non-dits, il y avait bien des mots plus durs.
Je finis par crainte que lors d'une de ces sorties elle ne revienne plus. Qu'elle trouve en chemin une solution à ses problèmes...
Et moi qu'elle serait la solution à mes problèmes ? Sa mort ? J'aimerai surtout qu'elle guérisse.

Me voilà encore en train de noircir des lignes. Pour tenter de tout évacuer ! Si douce illusion ! 
Eh bien j'y tiens à mes illusions. Elles m'aident.

dimanche 3 novembre 2013

Dimanche 27 septembre 
22 heures. 

Écrire parce que l'on ne veut pas dormir.
Écrire car malgré la distance je reste inquiète.
Je suis la seule, la dernière. Celle qui ne peut pas partir.
Un peu comme la dernière confidente.
Je suis lasse.
J'arrive pas à couper complètement.
Je voudrais partir loin. Faire comme ma soeur : ne rien voir, ne rien savoir.
J'ai un poids sur la poitrine.
Pourquoi est-ce si compliqué ces derniers temps ?
Je veux être seule mais paradoxalement, je me sens seule.
Je veux avancer. Mais avancer c'est regarder.
Je regarde. J'écoute.
Je fatigue.
L'avenir me fait peur. Parfois, je ne vois pas d'issue favorable et je perds mon optimisme.

Vendredi 1er novembre.
17 h 32

Ces vacances m'auront au moins permises de savoir qu'il était inutile que je compte sur ma soeur.
Au moins une certitude... qui n'est pas pour me réjouir.
La vie est étrange. Parfois elle sort des rails que l'on avait bâtis un par un pour prendre un chemin de traverse. Elle s'aventure là où on ne pensait pas. La vie est faite d'imprévus.

Samedi 2 novembre.
22 h 29

Je suis retournée à la clinique voir ma mère, après 15 jours d'absence.
J'appréhendais comme souvent. La crainte de l'entendre, de la voir. Le soulagement parfois quand je m'offre une journée off.
Je touche du doigt le quotidien de celle qui refuse de voir et que je ne nommerai pas.
Elle est sortie de l'ascenseur. Je l'ai trouvée si pâle, si menue, si perdue... Égarée avec un pauvre sourire.
Des heures moins difficiles que ce que je craignais.
Puis le retour à la maison vers mon quotidien. Cette joie de partir ...non joie n'est pas le terme exact. Soulagement une fois de plus. On vient avec un fardeau on repart plus léger parfois.
Je trouve le temps long. Un an que cette situation persiste avec ses hauts et ses bas. Comment ne pas penser que cela n'ira pas mieux. Crainte ultime derrière laquelle se cache cette phrase récurrente qui revient souvent dans mes pensées : combien de temps vais je tenir ?
Moins que certaine, c'est sûr.
Mais qui sait je résisterai peut être mieux sur le long terme.
Mon père s'inquiète pour moi. Beaucoup s'inquiète. Je me sens parfois scruter pour essayer de deviner si je vais bien ou pas. Je marche sur un fil en équilibre. Un petit changement de cap et hop je reviens à ma place. Ouvertures et fermetures des parenthèses.
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dimanche 6 octobre 2013

J'ai l'impression de toujours parler des mêmes choses.
Si cela continue ce blog n'aura vocation qu'à parler de ma mère.
Il faut dire que c'est le sujet qui tourne le plus en boucle dans ma tête en ce moment.
Je m'interroge... est-ce moi qui voit d'autres symptômes apparaître ?

Depuis qu'elle est sortie des urgences suite à sa prise excessive de médicaments (notez, le détournement pour ne pas appeler un chat, un chat...) elle est dans un service de l’hôpital en attendant, demain, j'espère qu'une place soit disponible en clinique.

Vendredi a été pour moi une journée éprouvante...peut-être même plus que la veille.
Dois-je raconter les faits dans l'ordre ?

Allons- y.
Jeudi, à l'heure de la récré soit vers 10 h 30, la voisine de ma maman a appelé. Elle s'inquiétait car elle avait essayé de la joindre plusieurs fois, sans réponse.
J'ai essayé de mon côté... rien ni chez elle, ni sur son portable.
J'ai rappelé sa voisine et je lui ai dit que je réessayerai vers midi, car ma maman va souvent chez le coiffeur le jeudi et que je ne voulais pas rentrer non plus dans le cercle vicieux de la psychose dès qu'elle ne répond pas.
Donc vers midi, même démarche... coup de fil... toujours rien. J'ai demandé à la voisine de ma maman qui a les clés d'aller voir chez. Elle m'a rappelée en me disant qu'elle ne pouvait pas ouvrir la porte car les clés étaient à l'intérieur sur la serrure. Là pas besoin d'un dessin pour comprendre qu'elle était bel et bien chez elle. j'ai donc appelé le samu...de l'Oise puisque c'est là que je travaille, qui m'a mise en relation avec celui du 93... le temps d'expliquer, ils ont envoyé les pompiers.
J'ai pris ma voiture pour parcourir les quelques 30 kms qui me séparent de son lieu d'habitation.
Lorsque je suis arrivée, les pompiers l'avaient déjà emmené aux urgences. j'ai juste su par la voisine, que ma mère était consciente.
Arrivée aux urgences, j'ai attendu, attendu, attendu, attendu... 4 heures, avant que je puisse la voir et voir un médecin. Elle était dans les brumes profondes. Elle m'a juste dit qu'elle avait pris des somnifères. Je l'ai laissée aux mains des urgentistes, qui ne savaient même pas si elle aurait une chambre pour la nuit et je suis revenue le lendemain vers 11 heures.
La journée de vendredi a été pour moi encore plus dure que celle de la veille. je savais que ma mère ne voudrait pas se faire hospitaliser, qu'elle refuserait et qu'il ne fallait surtout pas qu'elle sorte.
Je me suis blindée pour ne pas éclater en sanglots fasse à ce petit bout de femme qui me suppliait en boucle ( le terme est strictement vrai ) de ne pas la laisser là, de ne pas la faire hospitaliser, que non, ce n'était pas possible, qu'elle était désolée, mais qu'il ne fallait pas laisser là, qu'elle ne sortirait jamais sinon, qu'elle n'irait jamais mieux. J'ai tenu, j'ai puissé dans mes forces pour lui dire que soit elle acceptait de rester de son plein gré quelques jours à l’hôpital  le temps qu'on lui trouve une place en clinique soit je signais une décharge autorisant le médecin à l'hospitaliser immédiatement en psychiatrie. J'ai encore ses mots dans la tête, je vois encore son regard. je l’entends me dire : " Pourquoi es-tu si dure, pourquoi es-tu si dure ? ", 'Tu veux te débarrasser de moi . "
Et pendant ce temps là ma soeur à qui je venais de faire part de mes angoisses via texto me répondait gentiment : "Courage il faut pas lui laisser le choix". Ben oui, c'est si facile à écrire. Ah, c'est beau à 800 kms de balancer cela alors que la dernière fois qu'elle a appelé ma mère c'était il y a trois semaines alors que je lui signifiais qu'il faudrait peut-être qu'elle parle à sa mère avant que l'irréparable ne se produise. C'est un autre débat, un autre problème à régler...
Bref... journée difficile. Le psy a fini par hausser le ton et l'emmener de façon autoritaire vers une structure de l’hôpital qui s'appelle : cellule de crise et d'accueil. Joli nom. Normalement demain nous devrions en savoir plus sur une future clinique.
Donc samedi et aujourd'hui, je suis allée la voir pour lui apporter les affaires dont elle aurait besoin en clinique.
Je suis rentrée depuis deux petites heures et je vide mon sac.
Elle est en boucle sur certains sujets... je ne sais pas si c'st effet des médicaments qu'ils lui donnent ou un nouveau symptôms, mais j'avais déjà remarqué ces angoisses qui revenaient.
Elle est persuadée qu'elle ne sortira plus jamais de là, que les médecins lui donnent trop de cachets... C'est juste flippant de la voir rentrer dans ces phases d'angoisse. Elle s'assoit, se relève une seconde après, fait quelques pas, se rassoit, se relève... elle psychote vraiment. ça frise la parano... j'essaie de la rassurer mais mes mots ne l'atteignent pas. Pire, c'est moi qui commence à angoisser...

Je n'ai plus ma mère de 63 ans en face de moi, j'ai une gamine qui a peur de tout.





jeudi 3 octobre 2013

Elle a pris des cachets. Elle est aux urgences et depuis hier midi et elle attend le passage d'un médecin qui va lui donner ou non l'autorisation de sortir.
Je suis fatiguée de brasser de l'air.


dimanche 22 septembre 2013

Moi même, je ne sais plus. Je perds mon bel optimiste et je me prends parfois à penser que cela n'ira plus jamais mieux.
Je le pense mais ne dis rien.
Comment espérer qu'elle aille mieux, si elle n'y croit pas elle-même ? Comment faire qu'elle se sente mieux alors qu'elle a abandonné tout espoir ?
Je suis vide de solutions.
Ces quelques heures passées avec elle me laissent toujours perplexe. Je suis comme contaminée et pour un peu je reprendrais en boucle son refrain habituel.
Je prends le chemin des écoliers pour y aller, pour rentrer parfois aussi.
Parfois je voudrais être seule loin.
Mais où sont donc passées mes pensées positives ? Faut que je souffle un bon coup sur les nuages et elles reviendront.

Je pensais avoir crevé un abcès, il y a une bonne semaine de cela, en envoyant un texto à ma soeur pour connaître les raisons de son silence. Elle a répondu que la colère et la lâcheté la tenaient éloignée de tout cela. Elle a téléphoné à ma mère une fois depuis... mais pas à moi.
Elle a peut-être peur d'entendre ce qu'est devenu mon quotidien ?
J'en ai marre de me poser mille et une questions.
Je vais avancer seule. A ma façon, qu'elle soit bonne ou mauvaise.

Penser à soi, penser à soi, penser à soi, penser à soir, penser à soi... aller de l'avant et se dire que non, tout ne va pas si mal. D'ailleurs ma vie est plutôt belle : un chien chiant, un mari qui sait m'écouter (quand je veux bien parler) et qui est devenu un pro pour me faire évacuer par les larmes, des enfants en bonne santé et heureux. C'est déjà beaucoup !!!!!!!!!!!!!!!! Toujours terminer par une note positive.



dimanche 18 août 2013

Croisée des chemins

On est à la croisée des chemins. Celui des choix. Et je ne veux pas choisir pour elle. Vivre et se battre ou tout laisser tomber.
Rien de n'oppose à la nuit...

vendredi 9 août 2013

Se détacher

"Il faut que tu t'occupes de toi". Je crois que c'est ce qu'il m'a dit hier... ou quelque chose dans ce genre.
C'est ce que je ne cesse de me répéter depuis quelques jours. Mais pour autant ce n'est pas ce que je fais.
Pourtant il faudra bien que je prenne cette direction si je ne veux pas flancher en cours de route.
Prendre du temps pour moi. Prendre le temps de ne plus penser aux problèmes de ma mère qui sont trop devenus les miens.
Je sais tout cela. 
Mais le savoir ne rend pas le détachement plus facile.


lundi 18 février 2013

Rien ne s'oppose à la nuit.



Je l'ai lu sur les conseils de Stéphanie. J'avoue que j'ai longtemps hésité avant de le commander. Je craignais que le thème ne soit trop proche de mon vécu du moment. 
Ma mère sort à peine d'une longue dépression commencée à la fin du mois d'octobre. Elle n'était pas présente pour l'anniversaire de ma fille, pas plus que pour le mien. Elle a passé les fêtes de Noël dans une clinique. En fait, elle est restée hospitalisée presque deux mois. Deux mois entrecoupés d'une sortie de quelques jours qui n'aura pas été concluante, puisque les crises d'angoisse se sont succédées. Son hospitalisation aura été pour moi un soulagement. Je ne m'en cache pas. J'étais au bout de l'aide que je pouvais lui apporter. A chaque coup de téléphone passé (un par soir depuis le début de sa dépression) je raccrochais avec le moral en berne. Un sentiment d'impuissance, de solitude aussi peut être face à cette putain de dépression, de tristesse aussi de voir sa mère dans cet état sans que les gestes ou les mots d'amour ne trouvent d'écho.

Je me sentais passive, comme si je n'étais juste qu'une observatrice incapable de savoir quelle solution était la mieux et bien peu guidée par son psy. On m'a dit à ce moment-là d'arrêter de me poser en victime. Je n'ai pas aimé. J'ai écrit une note de quelques lignes un soir, dont j'ai même oublié le contenu pour finir par la mettre à la poubelle de mon autre blog. Je me suis fermée, comme souvent, pour faire face à ma façon : je vais bien tout va bien. Et si il ne fallait pas se poser en victime, à quoi bon écrire...

Je garde pour le médecin des urgences une grande sympathie car c'est elle, bien plus que le psy de ma mère qui lui a trouvé une place dans une clinique proche de chez elle. 

Durant les dernières vacances de la Toussaint, j'avais multiplié les allers et retours entre le domicile de ma mère et la maison. Elle n'a jamais voulu venir chez moi, même au plus fort de sa dépression, car elle ne voulait pas que mes enfants la voient dans cet état. Et je lui en sais grâce. Peut-être aussi que cela me soulageais de savoir que de retour chez moi, j'allais pour quelques heures pouvoir penser à autre chose... Penser n'est peut-être pas le bon terme... Pouvoir vivre autre chose. J'ai passé le weekend qui a précédé son hospitalisation chez elle. Retour dans ma chambre de jeune fille... J'ai craint durant les semaines qui ont précédées son entrée en clinique, qu'elle ne commette  l'irréparable, que rien ne s'oppose à la nuit. Elle a trouvé la force de pas franchir ce cap... Peut-être parce que sa mère est encore vivante. J'y pense souvent. Que se passera-t-il à la prochaine phase dépressive, si ma grand-mère n'est plus là ? Fera-t-elle comme l'héroïne du livre qui est encore sur ma table de chevet ?  

Il faut que je vous dise un truc horrible... Cela me semble loin aujourd'hui, mais je sais que je l'ai pensé. J'ai parfois pensé que sa mort serait peut-être un soulagement ... Pour moi, j'entends. Aujourd'hui je me rends bien compte de l'absurdité et de l'horreur de cette idée. Je pourrais la bannir, je pourrais la nier... Pourtant malgré tout, j'ai souvent craint le pire au volant de ma voiture, parcourant les kilomètres qui nous séparent. 

Aujourd'hui, elle va mieux. Elle est sortie depuis jeudi dernier, elle pète la forme, pleine d'une nouvelle vigueur comme toujours presque excessive. Je ne sais pas quel traitement aura été efficace. Les thymoregulateurs prescrits par le psy de la clinique n'ont pas été pris jusqu'au bout, pas supportés. Je crois bien que le traitement est reste inchangé. Le psy a évoqué des troubles bipolaires, mais je crois qu'on met de nos jours beaucoup de maux derrière ce mot.

Quand Stéphanie suite à la lecture d'une de mes notes a évoqué le livre de Delphine De Vigan qui relate les troubles bipolaires de sa mère, j'ai eu peur de le lire... Mais j'attendais aussi peut être des réponses. Le premier constat et pas des moindres, que je me suis fait, c'est que l'histoire de cette femme, n'est pas l'histoire de ma mère. Que sa maladie n'est pas la sienne. Je concède que ma mère traverse successivement des périodes de grandes dépression avec des périodes d'euphorie, mais on est loin de ce que décrit l'auteur. Je retiens néanmoins ce passage, si réaliste, qui aurait pu sortir de la bouche de mère... Ou plutôt qui exprime avec d'autres mots ce que ma mère m'a déjà dit :" Rien ne m'intéresse sinon d'arriver enfin à l'heure de dormir avec les médicaments. Le réveil est horrible. Le moment où je passe de l'inconscient au conscient est un déchirement. " Je trouve que ces quelques mots résument assez bien la situation vécue par les dépressifs.

………….


J'ai commencé à écrire cette note, hier soir. Je m'y remets ce matin un peu difficilement. Coupure de la nuit oblige.

La lecture des premières pages de ce livre a évoqué en moi des moments connus et douloureux. Le mot suicide revient souvent car "il faut bien appeler un chat, un chat". Bouffée d'émotion, larmes qui montent mais ne coulent pas. Le reste du livre se détache de mon vécu, et j'ai pu l'aborder plus sereinement... comme une fiction qui n'en est pas une. Par contre la lecture des autres pages n'aura pas été simple, et j'étais bien heureuse de les lire au matin seule dans mon lit. Certains passages ont tour à tour évoqué pour moi ma grand-mère ou ma mère.

L'évocation du téléphone qui sonne sans personne pour répondre... les tentatives d'appel renouvelées jusqu’à se trouver au seuil de la porte...
C'est exactement ce que j'ai vécu pour ma grand-mère...laisser sonner le téléphone, renouveler les appels...ne rien entendre dans le combiné que la tonalité... se décider à partir pour l'apercevoir de dehors à travers les volets fermés. Se sentir soulagée, avec le recul de ne pas être entrée la première, que cette charge soit incombée aux pompiers. Ma grand-mère n'est pas morte, ce jour-là malgré son envie... il restera toujours gravé en moi l'évocation de son acte, ses aveux... douloureux.

Pour ma mère ce fut autre chose, je n'étais pas là...en fait je ne sais que peu de choses. je me souviens juste des allers et retours que j'ai fait pendant de longues semaines pour aller la voir dans une clinique au fin fond de la Seine et Marne. Je me souviens d'y être allée tous les mercredis avec mon fils âgé de 2 ans... C'était il y a 10 ans, un peu à la même période de l'année, mais j'ai vécu cela différemment. Peut-être parce que mes parents n'étaient pas encore divorcés, peut-être parce que j'ai laissé mon père assumé davantage que moi. Peut-être que je n'ai même pas su à l'époque quel acte l'avait amené là...je ne sais plus.

Durant ces derniers mois, mon père a pris des nouvelles de ma mère en passant par moi. Il m'a bien fait sentir que j'étais seule sur ce coup-là, que lui avait déjà donné. Loin de m'aider, ces mots m'ont fait mal. Le mot d'ordre était de se disculper de se dédouaner, de ne pas se dire surtout qu'il pouvait être responsable de cet état dans lequel est  ma mère depuis des années... La faute est rejetée sur les parents. Une histoire d'enfant non désirée, fille unique.
Je ne cherche rien. Pas d'explications...enfin si j'espérais peut-être en trouver à la lecture du livre. Mais non, chaque vie est unique. Aucune histoire ne se répète à l'identique. Je serai bien incapable comme l'a fait l'auteur de relater l'enfance de ma mère. Je n'en connais presque rien, rien d'ailleurs... si ce n'est ce sentiment de solitude qui était déjà en elle. Je ne pourrais jamais demander aux frères et sœurs que ma mère n'a pas eu de me raconter des anecdotes sur son enfance.

Alors il est vain de chercher des raisons, des excuses, des coupables… Elle a déjà je pense raconter sa vie en long et en travers à bien des psy. Je connais certaines de ses douleurs, je sais quelles souffrances ont été difficiles pour elle, mais je ne me vois pas les raconter ici. Ce que je sais, n’expliquerait pas tout. Si tant est qu’il y ait une cause précise, un élément déclencheur.

Je savais en vous parlant de ce livre, que je m’épancherai sur certains détails privés. Ecrire me permet de fermer la parenthèse de ces derniers mois.

Je sais pertinemment qu’une autre s’ouvrira… quand ? le plus tard possible, je l’espère.

Une dernière phrase :
"Non, personne ne peut empêcher un suicide."



samedi 5 janvier 2013

volte face

Acte 1 scène 2.

Et voilà que maintenant elle veut absolument sortir !
Vendredi dernier, elle craignait de demander une autorisation de sortie pour le weekend, de peur de retrouver sa maison, sa solitude et toutes les taches qui l'attendaient...
Mais voilà que suite à une erreur dans les signatures, elle n'a pas pu bénéficier de son autorisation de sortie pour le weekend ! Alors rien ne va plus ! Elle veut partir dès mardi ! Et puis la bouffe est dégueulasse, et puis elle n'est pas en prison !

Et merde ! Je crains que l'on ne prenne les mêmes et que l'on recommence dans quelques semaines !

Mais qui sait d'ici lundi, elle aura peut-être encore changer d'avis !
Là, je crois que je fatigue un peu ...